AU FIL DES PAGES # 6 MARS 2025 – GÉRARD CARTIER
Invité : Gérard Cartier, pour son recueil de poésie Le Voyage intérieur aux éditions Flammarion (2023), son roman L’Oca nera aux édition La Thébaïde (2019) et son essai Du volapük au franglais ou le perroquet aztèque aux éditions Obsidiane (2019).
Ingénieur de formation – il a travaillé sur le tunnel sous la Manche et la liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et Turin –, Gérard Cartier est Grand prix de poésie de la Société des gens de lettres 2024 est l’auteur d’une œuvre abondante et éclectique, qui explore tous les genres. Avec Le Voyage intérieur, s’inspirant (pour le détourner) du Tour de France par deux enfants, ouvrage qui connut un grand succès sous la IIIe et la IVe République, il entreprend une traversée personnelle de la France, dans des poèmes à mi-parcours entre la poésie documentaire de Cendrars et Le Dépaysement de Jean-Christophe Bailly. Il propose ainsi un parcours intérieur, historique, géographique, visuel, qui recompose un espace échappant à tout discours, à toute récupération. Aimant la forme et les formes de l’écriture, Gérard Cartier livre un premier roman audacieux, L’Oca nera, constitué de 63 chapitres, comme le nombre de cases du jeu de l’oie, et entremêle les récits dans le temps comme dans la géographie, tout en enquêtant sur celle que l’on appelait l’Espionne du Vercors (région originaire de l’auteur), Mireille Provence. Enfin, Du volapük au franglais est un libelle vigoureux, animé d’une saine et jubilatoire colère contre l’invasion non pas de l’anglais mais du globish dans la langue française, dont l’influence ne s’exerce pas que dans le vocabulaire (qui est autant celui de l’entreprise que de la publicité), mais également sur la syntaxe et la façon de penser. Et loin de s’abandonner à un constat pessimiste, Gérard Cartier offre au lecteur un véritable manuel de résistance, clefs en mains.
Chronique de Cécile A. Holdban: Abdulrazak Gurnah, Paradis, traduit de l’anglais par Anne-Cécile Padoux, et c’est paru chez Denoël (2021)
Quatrième roman de l’écrivain tanzanien prix Nobel de littérature en 2021, Paradis suit le parcours de Yusuf, un jeune Swahili de douze ans, que ses parents « prêtent » à un riche commerçant caravanier, comme « caution » de la dette contractée par son père. Dans ce continent africain à l’orée de la Première guerre mondiale, Abdulrazak Gurnah décrit la réalité et les faits dans toute leur complexité, n’épargnant ni les colonisateurs européens, ni les tribus guerrières, ni les caravaniers musulmans. Paradis est à la fois un roman historique et politique, un Bildungsroman et un conte des Mille et une Nuits puisant dans les légendes et les récits oraux swahilis. Gurnah décrit la fin d’un monde et la naissance d’un autre.
MUSIQUES :
Lucio Dalla, « Caruso »
William Sheller, « Rock’n’dollars »
Barbara, « Il pleut sur Nantes »
EXTRAITS SONORES :
Bande annonce de l’adaptation (1957) de Le Tour de France par deux enfants d’Augustine Fouillée
Entretien d’Abdulrazak Gurnah avec Marc -Christoph Wagner (festival Louisiana Literature, 2023)
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DIFFUSION sur la FM :
Lundi - vendredi : 4h -12h et 17h - 21h
Samedi : 16h - minuit
Dimanche : 00h - 14h et 22h - 4h