AU FIL DES PAGES # 11 DÉCEMBRE 2025 – EMANUEL DADOUN
Invité : Emanuel Dadoun, pour son roman L’Armée des bayous aux éditions Le Sonneur (2024).
Auteur de livre pour la jeunesse, de romans policiers et de science-fiction, peintre, Emanuel Dadoun s’aventure vers le roman mi-historique mi-fantatisque. Autour de la figure de Camille de Polignac, un noble français féru de botanique engagé dans les rues sudistes pendant la guerre de Sécession, il raconte une improbable épopée, parodie savoureuse d’un des plus grands mythes grecs, dans une Louisiane peuplée de dangers, d’Indiens, d’Amazones-sirènes, de monstres, de soldats unionistes et confédérés et d’une ménagerie circassienne. On est chez Jules Verne mais augmenté du réalisme magique cher à García Márquez. Mais le récit se nourrit également de références cinéphiles qui lorgnent autant du côté de Sam Peckinpah que de Quentin Tarantino. Dans l’opiniâtreté de Polignac à mener à terme sa mission, il y a autant du capitaine Achab à la poursuite de Moby Dick, que de la noirceur impénétrable du Kurtz d’Au cœur des ténèbres. Roman foisonnant, haletant et jubilatoire, L’Armée des bayous est une célébration de la fiction, de la langue et de l’imaginaire.
Chronique de Cécile A. Holdban: L’Insigne rouge du courage, traduit par Johanne Le Ray et Pierre Bondil, paru chez Gallmeister en 2019.
Dans ce chef-d’œuvre sur la guerre de Sécession, Stephen Crane propose un formidable récit psychologique de la peur jusqu’à son dépassement. Car le jeune héros s’interroge sur sa capacité au courage, sur ses doutes, se reproche sa lâcheté qui le pousse à fuir dès le premier affrontement, laisse libre cours à sa honte devant sa propre faiblesse et à son désarroi face à la mort des autres soldats. Loin des représentations épiques, les combats ne sont pas décrits comme des scènes claires et ordonnées. Ils sont une succession de bruits, de fumées, de couleurs indistinctes, un chaos où les perceptions s’effritent. La guerre ne forme pas des héros, elle les déstabilise ; loin de révéler une grandeur intérieure, elle ouvre une zone de confusion, presque métaphysique, où l’individu lutte moins contre l’ennemi que contre lui-même.
MUSIQUES :
Confederate Song, « I wish I was in Dixie »
Creedence Clearwater Revival, « Born on the Bayou »
The Death South, « In Hell I’ll be in good company »
Lynyrd Skynyrd, « Sweet Home Alabama »
EXTRAIT SONORE :
Bande annonce du film The Red Badge of Courage (La Charge victorieuse) de John Huston (1951)
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DIFFUSION sur la FM :
Lundi - vendredi : 4h -12h et 17h - 21h
Samedi : 16h - minuit
Dimanche : 00h - 14h et 22h - 4h